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Écologie

En pratiquant leurs activités sur les mêmes territoires depuis de nombreuses années, voire plusieurs générations, les piégeurs sont souvent les premiers à sonner l’alarme lorsque les changements survenus dans l’environnement détruisent des habitats et menacent les populations fauniques. L’Homme est responsable de modifications considérables du milieu naturel qui peine désormais à s’autoréguler. Nous avons la responsabilité de rétablir l’équilibre perturbé par nos activités d’aménagement du territoire. En ce sens, le piégeage encadré de certaines espèces contribue à la véritable conservation d’une nature saine.

Gestion et recherche

Photo d'un animal

Expertise scientifique

L’expertise des piégeurs contribue à l’avancée de la recherche et permet aux biologistes de la faune d'en apprendre davantage sur les besoins, notamment en habitat, des espèces visées. Les techniques évoluées de piégeage moderne permettent par exemple aux biologistes de capturer des animaux sauvages vivants, de les identifier et parfois même leur poser des colliers émetteurs avant de les relâcher. Des projets de recherche sur la martre d’Amérique, le pékan ou encore l’ours noir ont ainsi bénéficié de l’expérience des piégeurs.

Les techniques de piégeage sont également utilisées dans des programmes de relocalisation afin de rétablir des populations dans des territoires ou les espèces avaient disparues. L’exemple le plus remarquable est probablement la réintroduction du loup dans le parc national de Yellowstone qui a eu un franc succès. Des piégeurs québécois ont par exemple permis la réintroduction de lynx du Canada au Colorado.

Source de données importante

Les piégeurs fournissent aussi des informations et des échantillons qui permettent aux biologistes et techniciens de la faune d’amasser des données relatives à différents paramètres biologiques (sexe, âge, condition physique, productivité, etc.) et d’étudier la dynamique des populations fauniques ainsi que les maladies de la faune. Des analyses sur la distribution par âge et sexe des animaux capturés permettent par exemple aux biologistes de déterminer si certaines populations augmentent ou diminuent.

Toutes les données recueillies grâce à la collaboration des piégeurs (inventaire des colonies de castors, retour des carnets du trappeur, remise de carcasses) contribuent à la mise en place de politiques et programmes visant à gérer adéquatement les animaux à fourrure présents sur le territoire québécois. Il est ainsi possible de respecter les grands principes de gestion du ministère responsable de la faune en se basant sur les prémisses suivantes:

  • Conserver les espèces menacées ou en déclin
  • Encourager la récolte des espèces pendant la période de maturité des fourrures pour maximiser les revenus commerciaux
  • Éviter la récolte pendant les périodes de vulnérabilité (ex. : mise bas)
  • Encourager la récolte des espèces surabondantes, causant des dommages, entrant en conflit avec l'Homme ou représentant un risque pour la santé publique.
Castor capturé pour relocalisation
Castor capturé pour relocalisation
Relocalisation de castor
Relocalisation de castor
Gestion des ratons laveurs en milieu agricole
Gestion des ratons laveurs en milieu agricole
Relocalisation d'une mouffette rayée
Relocalisation d'une mouffette rayée
Pékan suivi par collier GPS
Pékan suivi par collier GPS
Suivi télémétrique de ratons laveurs
Suivi télémétrique de ratons laveurs

Protection de l’environnement

Photo d'un piégeur au travail

Aménagements préventifs

Plusieurs espèces d’animaux à fourrure ont su profiter de la présence humaine et de son action des les habitats pour accroitre considérablement leur niveau de population. L’étalement urbain et les changements environnementaux entrainent ainsi une augmentation directe des sources de conflits entre l’Homme et la faune sauvage. Ces conflits peuvent être liés à des dommages matériels aux biens privés ou provoquer des situations dangereuses pour l’homme. Afin de mieux partager l’environnement en harmonie avec la nature et de favoriser la cohabitation entre les espèces, les piégeurs interviennent donc directement sur les populations animales mais également sur leur habitat.

Les approches préventives sont en effet à privilégier face aux méthodes de contrôle et les interventions radicales. Par exemple, les piégeurs sont impliqués dans l’installation de dispositifs protégeant les ponceaux et favorisant la cohabitation avec le castor, de même que des aménagements pour le vison près des cours d’eau, ou des poubelles adaptées aux ours et aux ratons laveurs. Une formation spécifique de coexistance avec les animaux à fourrure environnants (CAFE) est d’ailleurs en développement pour encourager ces pratiques.

Gestion intégrée des ressources

Ayant à cœur la préservation de l’environnement et la cohabitation entre les différents utilisateurs du milieu naturel, les piégeurs collaborent à l’aménagement du territoire en participant notamment aux Tables de Gestion Intégrée des Ressources et du Territoire. Conscients de l’incidence de la récolte de bois sur les animaux à fourrures, les piégeurs ont un rôle important dans la réalisation d’une foresterie durable. Afin de protéger au mieux la ressource naturelle, le piégeur est tenu de témoigner de sa connaissance approfondie de son territoire de piégeage, et des tendances relatives de population et de répartition des habitats des animaux à fourrure.

Maladies de la faune

Photo d'un raton-laveur

Quand la densité des populations animales est élevée, la qualité de l’habitat se détériore, la productivité diminue et les maladies et parasites sont plus fréquents. Plusieurs espèces d’animaux à fourrure sont porteuses de maladies transmissibles à l’Homme ou aux animaux de compagnie. Le piégeage permet de réguler les populations afin de maintenir un environnement naturel sain.

La rage

Au Québec, après la découverte de cas de rage du raton laveur en 2006, le Ministère a pu compter sur la collaboration de piégeurs professionnels pour aider à atteindre l’objectif d’éliminer cette maladie de la province. Des opérations annuelles de surveillance et de contrôle sont effectuées en Estrie et en Montérégie depuis 2006. Grâce aux efforts déployés, un seul cas de raton laveur infecté par la rage a été détecté depuis 2010. Pour plus d’information sur le plan gouvernemental et le rôle des piégeurs dans la lutte contre la rage du raton au Québec, visitez le site internet www.rageduratonlaveur.gouv.qc.ca

La Gale sarcoptique

Comme la gale sarcoptique se transmet lors d’un contact direct entre des individus, une épidémie est plus probable chez les populations animales ayant une densité trop élevée. En effectuant une gestion saine et renouvelable des populations sur leurs territoires, les piégeurs aident à restreindre le risque de contagion. De plus, les individus infectés étant en moins bonne condition physique auront tendance à se faire capturer plus facilement, diminuant ainsi la probabilité d’infecter leurs congénères.

La Tularémie

Les piégeurs sont souvent les premiers à observer des comportements anormaux chez les populations animales. En rapportant et transmettant les carcasses d’animaux suspects au gouvernement, les piégeurs permettent d’installer des mesures pour sensibiliser la population locale et diminuer la propagation de la tularémie. Entre 2012 et 2013, les piégeurs ont participé à une étude évaluant la présence de cette maladie au Québec. Cette étude avait démontré l’existence de la tularémie au sein de la faune sauvage pour plusieurs régions.

Plus détails sur les maladies de la faune: Site de la FTGQ

Pourquoi?

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Économie

Le piégeage est un levier économique important pour de nombreuses régions. Par l’utilisation respectueuse de cette ressource renouvelable qu'est la fourrure, plusieurs entreprises et artisans mettent en valeur cette matière d’une qualité exceptionnelle.

Utilisation responsable